#AvisTranché : Pokémon GO

Cette nouvelle section de billet apporte un point de vue subjectif, certes, mais étayé pour amener un regard orienté sur divers sujets et parler de nous. Vous voilà informé 🙂

Mon premier #AvisTranché va se porter sur  Pokémon Go ©, notamment pour le parallèle à notre activité et parcequ’en ce moment : What else?

Et pour entrer dans le vif du sujet, mon avis peut se résumer :

  • Sur l’introduction de l’usage de la ville comme terrain de jeu en mode 49.3 dans vos esprits couplé au fait que Gamit surfe sur ce concept, on dit merci Niantic Labs.
  • Sur le jeu en lui-même, avec autant de moyens à la base (gmaps @ google + data @ ingress + data @ field trip) et de puissance de développement, vous publiez ça, sérieusement ?

Voilà, vous avez mon avis.

Bon ok, développons un peu, merci pour ce tapis rouge qu’il déroule pour l’usage grand public de la ville comme terrain de jeu. En effet Pokémon Go © est un énorme pas en avant car, même si divers jeu ont déjà utilisé la mécanique de déplacement réel à des points d’intérêt physiques, ici basés sur des lieux ou des œuvres artistiques publiques pour interagir dans un jeu virtuel*, c’est Pokémon Go © qui vulgarise l’usage et va l’intégrer à notre société comme un standard. Aujourd’hui, qui se retourne encore sur un passant avec son baladeur qui se parle tout seul?

Il en sera de même pour cet usage et demain, il sera courant de participer avec son téléphone à des activités ou des épreuves, isolées ou liées par un scénario (des quêtes) pour lesquelles on devra réaliser des actions virtuelles dans des endroits réels.

Notez que cette longue description est la version nue de la mécanique de base de Pokémon Go © et par rapport à notre activité, ce merci vaut aussi pour la validation de cet usage aux yeux du monde!  Car il faut bien voir que cela revient à faire une preuve de concept mondiale doublé d’une campagne de communication imprimant, même au non joueurs, qu’il va falloir choisir entre adhésion et rejet de l’usage, ce qui induit l’acceptation (au chausse pied) de l’usage, car nul n’a pu ignorer le phénomène.

il y a donc des utilisateurs friands de ce système, le marché existe, il va se densifier en offres et se structurer de par l’exposition planétaire récente. Et cela me fait particulièrement plaisir, car nous cherchions à obtenir cette validation du concept depuis 2013 avec notre première application En-Quête  sur les Impressionnistes.

L’idée derrière ce coup d’essai était de mettre en place à l’échelle d’une ville une mécanique de POI interactifs (aka poké-stop) en ville, sur lesquels des mini jeux se déclencheraient  (Illustrons,  complètement au hasard, un mini jeu où on lancerait une sphère avec de la physique sur un objet à des distances variable avec un % de réussite de gagner l’objet touché.

Un business model autour de ces jeux (ou actions), libres ou propriétaires (les poke-stop sponsorisables) permet de lier, patrimoine et culture (ce sont les POI du jeu), les commerces (sponsorisation) sur une mécaniques de balade….

Mais tout ceci n’a de sens que SI le public adhère au concept, et ne se concrétise que lorsque les auditeurs-financeurs sont convaincus de notre croisade vers ce nouvel usage.

Soyons clair, n’ayant pas la licence Pokémon, n’étant pas Google et faute de références un peu concrète sur le sujet, l’escalade du mur de doutes émis par nos interlocuteurs ressemblait un peu à ça :

GOT3_SPIN_VFX_12AC’est bien le mur de Game of Thrones

Mais ces interlocuteurs (surtout financiers) que nous avions trouvé à l’époque vient de voler en éclats grâce aux petits monstres de poche… Pocket Monsters….Pokemons (pour ceux qui se demanderaient, c’est cadeau).

Le fait est que le marché potentiel vient de leur frapper le visage comme le Poing-Karaté de Férosinge© frapperait la joue d’un Rondoudou©.

Ceci change la donne et c’est un bonne chose pour la suite, mais passons au deuxième point.

Là ou je trouve qu’ils ne se sont pas foulés, c’est la mise en ligne d’un jeu à 10% de ce qui prévu par Niantic, tout en reconnaissant qu’il faut oser une sortie en version Alpha de son jeu dans le marché du mobile.

Si on se limite à ce que comporte le jeu, au niveau du gameplay et qu’on retire l’enrobage nostalgico-tabloïdo-trollatoire, vous pouvez:

– Cliquer sur des POI fixe sur un timing court (quelques minutes).

– Lancer des Pokeballs sur le Pokemon

– Cliquer frénétiquement sur l’écran dans l’arène pour faire attaquer le Pokémon (et maintenir appuyer pour les pouvoirs)

Et … c’est tout. Par dessus le marché, la frustration apportée par un équilibrage inexistant, une gestion des combats brouillon et assimilable aux meilleurs planches des bagarres de village dans un tome d’Astérix….Seule la poursuite du Pokémon toujours plus gros et la collectionnite aiguë pousse le joueur (dont moi, pour le moment).

Pokémon à la chaine

Si vous passez le tout sous un émulateur rooté pour le faire depuis votre pc, vous avez farmville en 3D.

Je ne cite volontairement pas la résultante de ces actions, déjà parce que c’est de la mécanique de jeu, pas du gameplay et parce que ça arrange mes affaires d’être minimaliste.

Mais là encore, ma petite voix de chef d’entreprise accepte que sortir une Alpha pour un usage également naissant fait pleinement sens d’un point de vue business, autant pour l’investissement de départ que pour l’orientation de la production à venir de par la pondération des fonctionnalités de la roadmap sur les metrics du marché… Wow, wow, mon compteur de buzzword vient de crever le plafond, pardon…

Du coup, (accrochez-vous) quand on sait John Hanke, employé a la base chez Google, où il était en charge du pole géolocalisation, ayant quitté Google pour lancer Niantic, studio qui a fait déployé Ingress et field trip, dont les données ont été rachetées par Google en même temps que Niantic rebaptisée Niantic lab permettant ainsi de s’appuyer sur la plus grande et la plus complète des base de données du monde pour faire ce jeu (on parle de base de données valant des fortunes et plus de 10 ans de travail). Que toute cette débauche de data, conjointement à la puissance serveur possible actuellement pour gérer ces flux est enrobé dans une des licences les plus appropriées (on fait, aujourd’hui, ce que le jeu avait promis il y a 20 ans, parcourir le monde pour attraper des Pokémons) je ne peux que statuer tristement: vous publiez ça, sérieusement ?!

La suite de Pokémon Go va être riche d’apprentissage, et j’ai encore bon espoir pour ne pas avoir un avis final sur le jeu semblable à celui de Karadoc sur le pain des paysans dans l’épisode 68 de la S1 de Kaamelott…

*Sans être exhaustif, In Mémoriam, par Eric viennot (@EricViennot), en passant par divers « click&conquer » plus ou moins bien faits mais sans licence porteuse pour finir par Ingress, socle de Pokémon Go ©.

Pour les sources :

http://www.forbes.com/sites/ryanmac/2016/07/26/monster-game/#1a8f745322c0

http://siliconvalley.blog.lemonde.fr/2016/07/12/niantic-la-petite-start-up-derriere-le-succes-de-pokemon-go/

https://en.wikipedia.org/wiki/John_Hanke

http://www.numerama.com/startup/niantic/